Baptiste Mourey

Point sur la voiture électrique

Intro, bla bla bla…

Quelle est l’empreinte carbone d’une voiture électrique VS une voiture thermique ?

Un super outil a été mis en place par deux universitaires du Luxembourg Institute of Science and Technology : CLIMOBIL. En s’appuyant sur un certain nombre d’études scientifiques (liste en bas de l’outil), il permet de comparer les émissions de gaz à effet de serre d’une voiture thermique comparé à une voiture électrique, en prenant en compte tout le cycle de vie du véhicule, et en fonction du pays d’utilisation. On y voit à partir de combien de km l’électrique est plus propre que le thermique, entre autres. Ci-dessous, un exemple en date de Janvier 2019 qui compare une Volkswagen Golf 7 TDI 110 Bluemotion à une Hyundai Ioniq Electric 2019 (celle que l’on a).

Volkswagen Golf 7 TDI 110 Bluemotion VS Hyundai Ioniq 2019 28kWh Volkswagen Golf 7 TDI 110 Bluemotion VS Hyundai Ioniq 2019 28kWh

L’efficacité énergétique

Un autre point à prendre en compte est l’efficacité énergétique du moteur et de sa source d’énergie car il y a beaucoup de pertes entre la production de l’énergie et son utilisation réelle (pour ce qui suit je me base sur l’image en dessous mais attention je revoie un peut les chiffres à la sauce française car on a un meilleur facteur de conversion énergie primaire / énergie finale que les allemands : 2,3).

Disons que pour déplacer une voiture sur 100km, il faut 11,6 kWh. Avec une électrique, il faut utiliser 14,3 kWh au compteur électrique de la maison ce qui correspond à 32,9 kWh produits à la base. Pour une voiture diesel, il faut toujours 11,6 kWh pour la déplacer mais l’opération de combustion dans le moteur demande l’équivalent de 45,2 kWh en diesel, qui demande l’équivalent de 54,1 kWh de pétrole brut.

Donc d’un point de vue strictement énergétique, la voiture électrique est bien moins consommatrice que la voiture thermique (32,9 kWh contre 54,1 kWh).

Well to wheels kWh comparison Source: well2wheels based on the European Commission WELL-TO-WHEELS Report v4.a

L’utilisation de terres rares

Cette problématique est générale à l’industrie automobile. En effet, l’usage des terres rares se concentre dans les ~30 ordinateurs de bord que contient une voiture moderne. Donc les problèmes sociaux, environnementaux et les problèmes de disponibilité desdites terres rares sont communs à toute l’industrie automobile, et un poil plus importants pour les voitures électriques à cause de leur batterie. Il est donc tout à fait fallacieux de résumer cette problématique aux seuls véhicules électriques.

Il est d’ailleurs intéressant de savoir qu’il existe peu de mines de terres rares: elles sont exploitées comme sous-produit de l’extraction d’autres minerais, comme le cuivre ou l’aluminium. Si la production de cuivre chute par manque de ressource, par exemple, la production de certaines terres rares plante aussi.

Source : Discussion T2030

Alors… changer de voiture pour la planète ?

Pour ce qui suit, je m’appuie sur Aurélien Barrau (astrophysicien français très engagé dans la question écologique), son livre, ses conférences, etc. car je trouve qu’il a une vision scientifique des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il dit la vérité sans détour, ne s’attarde que sur les faits et évite autant que possible les projections non appuyées scientifiquement.

Il m’apparaît PRIMORDIAL de prendre en compte le péril tel qu’il est en réalité pour ensuite agir de manière éclairée.

Faisons le bilan…

Les problèmes environnementaux actuels sont multi-factoriels. Le réchauffement climatique n’est PAS, aujourd’hui, la cause de l’extinction de la vie sur terre ; c’est :

C’est bien notre manière d’habiter l’espace qui est à l’origine de la mort de la vie sur terre, et pas (encore) nos émissions de CO2.

Chacun d’entre-nous doit faire preuve de sérieux et agir de manière éclairée,

car aujourd’hui notre liberté à nous déplacer une personne de 70Kg dans 2t de métal (4x4, SUV, mais pas que), ou notre liberté à pouvoir passer nos vacances à l’autre bout du monde est en train de tuer notre liberté à pouvoir vivre dans un monde habitable pour l’ensemble des espèces qui le peuplent. Il faut hiérarchiser très clairement ce qui est primordial et ce qui est secondaire dans nos vélléités à envahir l’espace dans lequel nous nous trouvons.

Notons bien qu’il n’y a pas de solution technique car quand on trouve une solution moins polluante ou moins couteuse on la surexploite. C’est l’effet rebond.

Quand bien même on pourrait se déplacer à l’autre bout du monde sans émettre de CO2, c’est notre capacité à dévaster les espaces vierges par notre présence qui pose problème.

Quand bien même on inventerait une technologie qui permettrait à l’espérence de vie de ne pas baisser en dépit de la pollution (plus de 500 000 décès prématurés en europe à cause de la pollution de l’air) ou de la fonte de la vie sur terre, la question qui se pose est de savoir si c’est véritablement le monde que l’on veut léguer à nos enfants. Sans fleurs sans oiseaux sans insectes sans diversité. Sans grâce. Sans intérêt.

Les petits gestes sont des boufonneries, on est au milieu d’une guerre nucléaire et on affûte nos lance pierres. Ca n’a aucun sens au vu de l’empleur du défi que nous traversons qui est vraissemblablement le plus considérable de notre histoire.

Sur des échelles de temps géologiques, la seule marque que laissera l’humanité et que nos successeurs pourront voir est un affaissement brutal de la vie sur terre sans cause externe (volcan, météorite). L’assumons-nous ?

Le système dans lequel nous vivons actuellement (capitalisme ultra libéral mondialisé) nous contraint à jouer avec des règles qui ne nous permettent pas de gagner.

Nous avons 2 choix : changer les règles, ou attendre que l’environnement tombe en décrépitude et fasse s’effondrer - plus ou moins violemment - notre système.

La vie sur terre n’est pas compatible avec notre manière actuelle d’habiter l’espace. Et ce n’est pas en roulant en voiture électrique que cela changera.